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Visite | Jacques Ferrier à Lille : de la logique du produit à celle du projet (21-09-2011)

Immanquable depuis le TGV en direction de Lille Flandres, l’Irisium affiche une superbe métallique qu’un rai de lumière habille de reflets dorés. Livré en juin 2011, l’immeuble de bureaux s’inscrit dans une réflexion menée par Jacques Ferrier sur les bâtiments à budget serré. Un défi à moins de 1.400 euros/m².

Bureaux | Lille | Jacques Ferrier

«Plus que de lieux de travail, il faudrait parler de lieux de production», débute Jacques Ferrier. Le programme n’était effectivement pas des plus séduisants. «L’espace du bureau devient une sorte d’abstraction géométrique», explique l’architecte aux journalistes venus visiter l’Irisium.

Concevoir un immeuble tertiaire relève donc d’une savante composition faite de normes et de gabarits plus ou moins universels et ce dans une économie souvent réduite, d’autant plus réduite qu’il s’agissait ici d’un projet en blanc. Comment, dans ces circonstances, faire de l’architecture ?

Pour Jacques Ferrier, il semblait nécessaire de poursuivre une réflexion initiée quelques années plus tôt à Grenoble «avec plus de finesses encore». «Le but est de capitaliser sur notre travail concernant les bâtiments à budget serré et de sélectionner des produits de catalogue afin d’éviter les surcoûts liés aux commandes spéciales», souligne l’architecte.

Un air de famille, une signature... avant tout une stratégie économique. «Nous souhaitons rester dans la logique du produit et en faire un projet», dit-il.

L’ensemble, en marge du Bois Habité, ZAC lilloise - soit-dit en passant, un ensemble de flacons débridés - ambitionne de protéger le quartier des nuisances sonores de l’autoroute, proche.

Rempart contre le bruit, le projet propose du côté de l’infrastructure routière une façade dorée dont «les panneaux sont doublés de verre pour créer un écran acoustique».

02(@LucBoegly)_S.jpgPour éviter un effet de masse et pour répondre également au programme qui exigeait un ensemble divisible, Jacques Ferrier propose une partition en trois éléments.

Chaque interstice est prétexte à des aménagements paysagés signé Atelier Jours. «Il n’y avait pas de m² disponibles pour constituer des halls dignes de ce nom. Les failles signalent et donnent une monumentalité aux entrées», affirme-t-il. Dès lors une rampe 'handicapés' se propose telle «une séquence scénarisée».

Les volumes, désignés comme des «pavillons», s’articulent et se différencient selon leur position. En exploitant au maximum la surface et la hauteur autorisée, Jacques Ferrier propose un «épanelage».

Outre les déclinaisons de hauteur, l’immeuble se caractérise par ses façades et ses débords. Les résilles dorées font une intrusion côté rue, marquent la présence de terrasses «d’espaces désirables» et soulignent l’unité de l’édifice pour qui le connaît depuis l’autoroute.

Quelques touches de vert, de bon ton, font écho à la frénésie ambiante. La teinte, caractéristique de l’agence JFA est reprise en façade pour «donner l’impression que la loggia est plus grande». Chaque étage dispose d’une loggia sur deux niveaux.

03(@P.Ruault)_S.jpgEspaces en sus, les loggias animent la façade. Occupées, elles offrent le sentiment «d’une façade habitée». Pour la maîtrise d’ouvrage, ce n’était pas d’évidence. «Les loggias auraient pu disparaître», confie Jacques Ferrier.

L’architecte se remémore son projet pour la RATP, un immeuble de bureaux livré en 2003 dans le XXe arrondissement de Paris. «Nous avions justifié la systématisation des balcons pour la maintenance des façades et pour leur rôle de brise soleil. Rien n’y faisait. Ce sera, en fin de compte, la cigarette et la pause café qui auront sauvé les balcons», s’amuse-t-il.

A Lille, «tout a été remis en question mais nous nous sommes, in fine, retrouvés dans notre projet. Il y a des points sur lesquels il faut tenir même si cela donne lieu à des batailles. Il s’agit de compenser et d’être plus souple sur des détails d’assemblage», explique-t-il.

Bref, d’abstraction géométrique en arithmétique économique, l’Irisium se présente pour Jacques Ferrier comme «une opportunité de renouvellement et d’invention».

Jean-Philippe Hugron

04(@LucBoegly)_S.jpgFiche technique

Maîtrise d’oeuvre : Jacques Ferrier architectures
Architecte : Jacques Ferrier
Equipe : François Marquet (directeur de projet), Nicolas Chausson, Corentin Lespagnol, Romain Ghomari, Adrien Pineau, Rozenn Lagrée
Paysagiste : Atelier Jours, Julia Golovanoff, Pierre Vandenbrouck
Promoteur : Bouygues Immobilier
Investisseur : Deka

Co-traitants
BET Structure : Iosis Nord
BET Fluides : Iosis Nord
BET courants forts et courants faibles : Iosis Nord
BET acoustique : Flandres Analyses
BET HQE : Alto Ingénierie
Economiste : SL.2.E.C
Bureau de Contrôle : Socotec
Coordinateur Sécurité (SPS) : Socotec
Ordonnancement Pilotage Coordination (OPC): Sodep Ingénierie SAS

Ville : Lille, France
Concours : 2006-2009
Livraison : 2011
Surface: 10.000m²
Coût: 14M euros

Réactions

eric | archi-urba | 22-09-2011 à 12:58:00

Ferrier à Issy, Ferrier à Shanghai, Ferrier à Lille............à quand Ferrier à la retraite? LOL

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