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Actualité | Bellastock : du souffle dans les idées (15-09-2011)

«Explorer, expérimenter, exprimer». Selon ses responsables, Bellastock est une «démarche» plus qu’un «projet fini», une association aux enjeux pédagogiques plus qu’un festival. L’événement reste néanmoins le point d’orgue de l’activité de Bellastock et l’édition 2011, 'la ville en un souffle', était composée de 180 structures gonflables.

Vie étudiante | ENSA Paris Belleville | Ile-de-France

«Bien sûr, nous faisons la fête à l’occasion du festival Bellastock mais ce n’est pas l’objectif premier», souligne Paul Chantereau, l’un des responsables de l’association. Eviter, donc, de souligner la consonance avec Woodstock. «Stock c’est parce qu’on est dans la gestion de matériaux, de moyens humains». A la racine 'Bella', l’école d’architecture de Paris-Belleville, abritant les locaux de l’association.

L’initiative est née en 2006 du constat fait par trois étudiants de Belleville 

(Antoine Aubinais, Grégoire Saurel et Baptiste Furic, aujourd’hui jeunes architectes) d’un manque de pratique de la matière dans le cadre des études d’architecture. «L’idée était d’organiser un week-end au cours duquel les étudiants construiraient des projets à l’échelle 1». Précisément, des abris temporaires dont ils testeraient eux-mêmes l’habitabilité en y vivant quelques jours durant.

De 150 participants en 2006, l’édition 2011 de Bellastock a réuni 1.350 étudiants et jeunes architectes sur quatre jours. En effet, «dès la quatrième année, nous avons choisi de nous ouvrir à d’autres écoles, soit les six ENSA d’Ile-de-France, l’ESA et l’ENSAD», précise Paul Chantereau.

Autant de partenaires subventionnant pour moitié l’association, les participants au festival annuel apportant, avec leurs droits d’inscription, soit 50 euros par personne, l’autre moitié des fonds. «C’est 50 euros tout compris. Ils n’ont plus qu’à ramener leur duvet ; Bellastock fournit tout le reste».

02(@Bellastock)_B.JPGA chaque édition son thème et son matériau. En 2009, ce fut la palette. «Détourner le matériau ou l’objet de son cycle industriel, ne pas l’abîmer, le recycler ou le rendre à son état initial» fait partie des principes de l’entreprise. «Sur les 3.800 palettes utilisées en 2009, nous en avons revendu la quasi-totalité», précise Paul Chantereau.

Idem pour le site. «A chaque fois, nous rendons le site qui nous est prêté au pire dans l’état trouvé, au mieux plus propre». Ephémère, l’initiative est, de fait, éco-responsable. Cuisine mobile, bar et lieux de spectacles démontables, toilettes sèches et douches à pompe font partie des équipements montés à l’occasion. «Pour la prochaine édition, nous envisageons un four solaire».

La dernière, 'la ville en un souffle', eut lieu sur un site industriel prêté par le Port Autonome de Paris, à Bruyère sur Oise. Une fois créées les structures en PVC souple, restait à faire faire émerger la ville en les connectant les unes aux autres via des cerceaux et en alimentant l’ensemble à l’aide de souffleries. Résultat : «une expérience sensorielle inédite».

«Les parois en PVC, transparent ou opalescent, de 140 microns d’épaisseur créaient les jeux de vue, de perçu et de toucher particuliers».

03(@Bellastock-CamilleBecam)_B.jpgA chaque édition, «nous allons à moitié vers l’inconnu. Nous ne savons pas quel sera le résultat final et les problèmes rencontrés ; c’est le propre de l’expérimentation».

Chaque festival connaît donc ses impondérables, appelant à l’ingéniosité des participants. «En 2009, il a plu pendant quatre jours. Certains participants ont eu la bonne idée de se faire des bottes avec des chambres à air. Cette année, l’une des souffleries est tombée en panne. L’un des responsables a démonté la roue arrière de sa moto pour gonfler la ville. Bref, la moto a parcouru 1.300km... sur place», s’amuse Paul Chantereau.

A bricolage malin, rigueur logistique. «Sur les 25 organisateurs (une centaine le jour du festival), certains s’occupent de construire et gérer les équipements, d’autres de mettre en place les réseaux d’eau ou d’électricité, d’autres encore de la gestion des déchets».

Bellastock prépare l’événement toute l’année. En 2011, «le gonflable nécessitant de maîtriser la technique du patron, chaque équipe de participants devait concevoir son projet en amont du festival». Pour les aider, le dossier d’inscription était enrichi d’un dossier technique. «Nous avions également testé la réalisation d’une structure gonflable et nous alimentions le blog Bellastock de conseils durant l’année».

D’organiser également des conférences données par des spécialistes du gonflable. «L’architecte Hans-Walter Müller fut d’excellent conseil, l’artiste Xavier Juillot nous a prêté deux souffleries et Gilles Ebersolt, architecte enseignant, fut le parrain de l'édition 2011». Caroline Maniaque, Raumlabor, Plastique Fantastique, Umschichten firent également partie des intervenants.

04(@Bellastock)_B.jpgPar ailleurs, des workshops furent organisés pour la construction des équipements. Sans oublier la mise en place, avec des associations spécialisées, de la programmation artistique - concerts, représentations, projections de courts métrages - venant animer les quatre jours du festival.

Suite au festival, «nous avons aussi animé des ateliers pour enfants». Par ailleurs, une édition d’été fut organisée au Danemark. «Nous étions 70 travaillant à partir de cagettes de bière. Si Bellastock, le festival, reste le point d’orgue de l’association, nous allons multiplier les petits événements annexes».

Paul Chantereau répète à l’envi : «le festival Bellastock n’est pas un événement de hippies mais bien un moment d'apprentissage par l'expérimentation».

«C’est une des rares opportunités pour un étudiant de dessiner, construire et déconstruire son propre projet. Combien d’architectes ont-ils réellement l’occasion d’habiter dans ce qu’ils ont dessiné ? A Bellastock, nous en comptons au moins 1.300».

Emmanuelle Borne

05(@Bellastock-FelicieBotton)_S.jpg

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