Le Courrier de l'architecte - Retour à l'accueil International

Entrez votre e-mail pour vous inscrire

Emirats Arabes Unis | Foster dans les souks d'Abu-Dhabi (15-06-2011)

Le 11 mai dernier, le journal Arch-News, de langue arabe, revenait dans un article non signé sur la renaissance, conçue et mise en oeuvre par Norman Foster, du nouveau souk d’Abu-Dhabi détruit en 2003 par un gigantesque incendie. L’auteur met en exergue les caractéristiques classiques et familières autant que modernes de cette réalisation.

Commerces et hôtels | Abu-Dhabi | Norman Foster

Contexte
L’ancien souk d’Abu-Dhabi, la capitale des Emirats Arabes Unis, était connu pour ses ruelles filiformes, ses colonnes et ses places familières où les habitants de toute la cité faisaient leurs achats quotidiens, se réunissaient, flânaient et discutaient.
En 2003, un gigantesque incendie a ravagé le souk. A cette occasion, un symbole représentatif des coutumes du pays s’effaçait.
Dès lors la ville, riche par ailleurs d’autres centres commerciaux beaucoup plus modernes, a voulu perpétuer cette tradition en reconstruisant un nouveau souk qui prenne la place de l’ancien.
Depuis son ouverture en août 2010, le souk est redevenu une destination de charme pour tout l’Emirat.
SH

FOSTER DANS LES SOUKS D’ABU-DHABI
arch-news.net

ABU-DHABI - Il semblerait que les vacances de Sir Norman Foster à Abu-Dhabi vont durer cette fois-ci plus longtemps que prévu. La société Aldar Properties accueille le maître de l’architecture contemporaine jusqu’à la fin de la construction des tours et du secteur dédié aux commerces dans le centre commercial d’Abu-Dhabi, la nouvelle version du souk d’autrefois qui a subi une gigantesque incendie en 2003.

Foster relie dans sa conception l’architecture arabe traditionnelle et les dernières nouveautés architectoniques, ce qui rend l’endroit très populaire. Les gens y affluent sans cesse depuis son ouverture en août dernier.

Le style architectural des souks arabes est différent de celui des autres centres commerciaux de par le monde, estime Foster qui a voulu joindre certaines caractéristiques classiques et familières des moeurs du pays à d’autres plus modernes. On peut donner comme exemple, l’existence de plusieurs places et ruelles, qui sont les principaux préceptes des anciens souks de la région, ainsi que les balcons intimes (plus communément connus sous le vocable moucharabiehs) présents partout dans le monde arabe.

Cette bouffée venue du passé ne nie pas l’importance de la durabilité dans la conception du nouveau centre commercial, la direction d’Aldar Properties exigeant, par les temps qui courent, un développement durable imbattable. Pour cela, l’équipe Foster & Partners a créé une multitude de solutions intelligentes visant à économiser l’énergie. A commencer par les plafonds et murs en pente capables de maîtriser la ventilation interne. De même, l’utilisation des fenêtres en verre et en bois qui se trouvent à l’entrée du centre commercial. Sur le plafond se trouvent des jardins suspendus qui sont très vite devenus d’agréables jardins publics s’ajoutant aux nombreux jardins déjà présents à Abu-Dhabi.

02(@NigelYoung)_B.jpg Mis à part ces aspects de durabilité, Foster a excellé, comme à son habitude, dans l’architecture même du nouveau souk au-dessus duquel il a érigé trois tours qui communiquent via une galerie souterraine. Il a choisi pour ces tours un emplacement stratégique, celui d’un des coins du souk, une solution qui permet d’augmenter d’une part la surface au sol et d’autre part attire ainsi l’attention visuelle tout en évitant l’éparpillement.

Il se dit que Foster a métamorphosé ce souk en une petite ville au coeur d’Abu-Dhabi, un endroit où il a pu regrouper à la fois les commerces du détail, les enseignes prestigieuses, les magasins alimentaires et d’autres produits exclusivement dédiés à la population de la ville, le tout dans une ambiance chaleureuse de places et de ruelles. A savoir que la ville possède déjà une multitude de centres commerciaux où il manque malheureusement l’esprit local présent dans ce nouveau souk.

En parlant des tours de Foster qui s’élèvent vers le ciel et changent la ligne d’horizon (skyline) de la ville, il est permis d’écrire que les différentes hauteurs y cohabitent harmonieusement ; entre les étages supérieurs, ceux qui donnent directement sur la rue et les autres avec vue sur les jardins du souk, toutes les ambiances se trouvent réunies dans un seul et même ensemble, d’où sa dissimilitude avec d’autres projets.

03(@NigelYoung)_S.jpg L’ambiance particulière de ce centre commercial doit beaucoup à la présence des moucharabiehs, les différentes colonnes du projet ayant réussi à gommer les limites entre l’intérieur et l’extérieur.

arch-news.net | Abu-Dhabi | Emirats Arabes Unis
11-05-2011
Adapté par : Sipane Hoh

Lire la version originale

Réagir à l'article





Portrait |Sandra Planchez face à l'appel de la nouveauté

Tout nouveau, tout beau ? Sandra Planchez témoigne d’un goût immodéré pour la nouveauté. Il n’y a là pourtant rien d’une fuite en avant - qu’elle condamne par ailleurs - ni...[Lire la suite]

Erratum : crédit image : cantin-planchez-DR

Portrait |André Ravéreau par le détail

La disparition d'André Ravéreau le 12 octobre dernier ne signifie pas pour autant la dissolution de son enseignement. L'hommage invite aujourd'hui à la relecture immédiate de son œuvre ; l'exercice pertinent...[Lire la suite]


Portrait |Antonin Raymond, un architecte sans histoire ?

Les œillères de l’histoire orientent le regard vers des géographies familières et proches. Les ouvrages encyclopédiques sont parfois myopes dès qu’il s’agit d’aborder des objets...[Lire la suite]

Eglise Meguro à Tokyo

Portrait |Ludwig Leo, le techno-pop berlinois

L’AA School rend hommage à Ludwig Leo, figure discrète de la scène architecturale allemande disparue en 2013. L’exposition, qui fait escale à Londres du 5 mai au 6 juin 2015, a d’ores et...[Lire la suite]

Portrait |La maquette sans Chichi ? Impensable!

Chichi. Antonio Chichi. Prononcez Kiki. Italien. Plus exactement Romain. Né dans le quartier de San Lorenzo, de parents pauvres. Rien ne le prédestinait à la célébrité si ce n'est son talent. Son oeuvre est...[Lire la suite]

Portrait |L'architecture en Barani-rama

Pour capter une architecture vécue, mais aussi des paysages habités, Christian Barani part «à la dérive». Sa relation avec l'art de bâtir est toutefois récente. Son frère, Marc Barani,...[Lire la suite]