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Enquête | Barre Dubuisson à Maine-Montparnasse : enfants Mouchotte, y êtes-vous ? (27-04-2011)

«A Paris, tout le monde connaît quelqu’un ayant vécu à Mouchotte», souligne Eva Dupond, locataire depuis l’enfance de l’immeuble livré par l’architecte Jean Dubuisson à Montparnasse, Paris, en 1966. De fait, comptant 752 logements, la barre fut une première parisienne en la matière. Ainsi qu’un bastion militant. Qu’en est-il aujourd’hui ?

Logement collectif | 75014 | Jean Dubuisson

'Archi-bus'. Le fascicule est disponible pour chaque ligne de bus de la capitale. Il anime un trajet quotidien en présentant des réalisations architecturales du XXe siècle ponctuant le parcours. Celui du bus 88 n’est pas en reste. A la station 'Montparnasse 2', levez les yeux au ciel : surplombant la gare TGV, se déploie la remarquable façade de l’immeuble rue du Commandant René Mouchotte. Une signature Jean Dubuisson.

Comptant 752 logements, pour un total de 88.000m² sur 17 étages dans une barre unique complétée, au nord, par une aile formant un retour à 90 degrés, l’immeuble de la rue du Commandant René Mouchotte, construit au-dessus des rails SNCF dans le 14e arrondissement de Paris, est l’un des composants de l’opération Maine-Montparnasse. Conduite dans les années 1960, elle fut, selon Pierre Caillot et Gérard Monnier*, «l’une des transformations majeures du paysage parisien au XXe siècle et la première des opérations de rénovation urbaine conduites sur la rive gauche».

«L’aspect le plus remarquable de l’immeuble Mouchotte est sans doute son mur-rideau, une première parisienne en logements locatifs de cette ampleur», confirme Pascal Perris, architecte et commissaire de la rétrospective Jean Dubuisson en 1998 à l'IFA. D’aucuns ne peuvent qu’admirer le déploiement, sur 40 mètres de haut et 200 mètres de long en moyenne, du fameux 'écossais Dubuisson', trame composée de panneaux et allèges en verre avec menuiseries en aluminium anodisé dont la répétition forme «un rythme inspiré de l’époque positiviste».

«Les dormants étant superposés aux ouvrants, le dessin ne change pas en fonction de l’usage», poursuit le commissaire. Implacable trame, impeccable surface. «Alors qu’elle n’a fait l’objet d’aucun entretien en particulier, la façade est aujourd’hui encore dans un état exceptionnel ; c’est une démonstration de résistance», souligne Gérard Monnier, historien de l’architecture contemporaine. De type mur-rideau - en fait des panneaux fixés à chaque étage sur les dalles de planchers et les murs porteurs -, les façades de Mouchotte ne forment qu’une première lecture du bâtiment.

Le 'tableau à la Mondrian' s’anime une fois la nuit tombée. «Le bâtiment offre une deuxième lecture quand tout s’allume. Il offre alors un échantillon de la population parisienne», souligne Pascal Perris. L’écossais Dubuisson : un dessin «mais aussi une façon de régler la quantité de logements». Autrement dit, de conférer l'échelle humaine à l’immensité.

02(@JPHH)_B.jpgDerrière la signature graphique, le confort. «Il faut mettre l’accent sur la qualité des appartements, pour la plupart des 3,4 et 5 pièces traversants», souligne Gérard Monnier. Et des équipements. «La VMC (...) réunit les évacuations dans les pièces humides, avec une grande économie de conduites, dissimulées par un faux-plafond et permet l’installation d’un séchoir interne dans chaque appartement».**

Notamment, les 'tablettes à casier', double-plateaux composant un espace de rangement au droit intérieur de l’allège sur toute la longueur de la façade, attestent de «l’application de l’architecte à trouver des solutions efficaces». «Ne pouvant vivre dans une tour car j’ai le vertige, cette tablette joue véritablement un rôle de garde corps», précise Eva Dupond ((il s'agit d'un pseudo), locataire d’un appartement au 6e étage. Telle était l’intention de Jean Dubuisson. «Avant l’opération, il était allé voir le mur rideau du Seagram, building de Mies van der Rohe à New York (en collaboration avec Philip Johnson ndlr) et trouvait dérangeant de s’approcher de la baie vitrée, d’où la tablette», précise Pascal Perris.

Heureuses baies vitrées du sol en plafond, inondant l’espace de lumière. Un bémol, pourtant : «l’isolation thermique est un point faible. 36° à partir du mois de juin en fin d’après-midi, c’est beaucoup, sachant que les stores intérieurs, qui n’occultent pas l’allège vitrée, ne font tomber la température que de 1°», souligne Gérard Monnier. Ce dernier met également l’accent sur l’exigüité des surfaces, dont des chambres de neuf mètres carrés. Mais, toujours, de nuancer : «n’oublions pas que Mouchotte répond aux normes en vigueur à l’époque».

«Mouchotte est un bâtiment des années 1960», résume Eva Dupond. Ceci expliquant sans doute des tablettes déposées dans les caves, tels cartons obstruant l’allège vitrée de tel appartement ou telle double peau intérieure visible depuis la dalle.

03(@JPHH)_S.JPGA quelques exceptions, Mouchotte reste «une réussite». Tant et si bien qu’ayant emménagé avec ses parents dès la construction de l’immeuble, pour Eva Dupond, aujourd’hui architecte, tous les chemins mènent à Mouchotte. «Nous avons vécu dans un quatre pièces au 17e, escalier C puis dans un six-pièces escalier A au 13e étage. Après avoir vécu dans un appartement haussmannien, nous nous sommes portés propriétaires, mon mari et moi, d’un deux pièces escalier A». Deux enfants plus tard, les Dupond ont fait le choix de mettre en location leur bien... et de louer un appartement de 75m² escalier L. «Trop cher pour acheter (compter 9.500 euros/m²) mais pas question de partir».

«Les habitants de l'immeuble sont devenus des 'Mouchottiens' avant d'être des Parisiens», explique Pascal Perris. L’emblème architectural fut, durant les années 1970, un bastion du militantisme culturel, social et politique. «Le bâtiment fut investi par une population qu’aujourd’hui nous qualifierions de bobos ; les gens s’installaient dans Mouchotte car c’était l’endroit où il fallait vivre», raconte Eva Dupond. Artistes - des intellectuels habitués de Montparnasse ou attirés par la proximité avec le quartier Latin - mais aussi hauts fonctionnaires, chefs d’entreprise et jeunes cadres représentent alors les 2.000 locataires de l’immeuble.

«Le moment, rappelons-le, est celui de l’émergence d’une pensée critique sur la ville, qu’illustrent la thèse du 'droit à la ville’ et les formules de l’autogestion que préconise Henri Lefebvre. Les couches qui accèdent à Mouchotte, cultivées, souvent au contact des lieux de pouvoir et de la communication, quelquefois aisées, ont les moyens nécessaires pour manifester en grandeur réelle cette pensée critique», soulignent Pierre Caillot et Gérard Monnier.

«En mai 1968, quand les drapeaux fleurissent aux fenêtres des appartements, la façade, carte géopolitique, est le reflet des convictions de ses locataires», se souvient Pascal Perris. «Toutes les fenêtres étaient dotées d’un drapeau rouge», confirme Eva Dupond. Ou l’écossais Dubuisson devenu écarlate.

04(SIAF)_S.jpgCette dernière se souvient qu’à l’époque, «l’endroit n’était pas rassurant. La rue du Commandant Mouchotte aboutissait sur une fourrière et la rue de la Gaîté était mal fréquentée». Pourtant, il existait «un vrai sens de la communauté ».

Une association de locataires est active dès 1967 et 'la fête Mouchotte', organisée au mois de juin chaque année, faisait carton plein - «la dalle était noire de monde», se souvient Eva Dupond -. «Autant d'événements propres à générer un tissu de relations entre les occupants», selon Pascal Perris.

Entre tous, Eva Dupond met l’accent sur 'le club', réservé aux enfants de Mouchotte. «Il était équipé de matériel de jeu, de fours pour poterie, proposait des cours de danse. Le soir, un pique-nique au-dessus des rails réunissait également les parentsLes mères rappelaient leurs enfants par la fenêtre. Je vivais l’ambiance village de vacances toute l’année», dit-elle.

2.000 personnes sur dalle, en retrait de la rue, y étaient sans doute pour quelque chose. «Le volume du parking public et les locaux SNCF déterminent le socle dans lequel le parking privé affecté aux logements et les caves prennent place ; ce socle de deux niveaux aériens supporte une terrasse en partie plantée accessible aux voitures (et aux pompiers), lieu intermédiaire entre l’espace domestique et l’espace public, qui conduit à une implantation des logements en retrait sur la rue», précisent Pierre Caillot et Gérard Monnier.

«Le fait d’être ainsi déconnecté renforce le sentiment de communauté», confirme Eva Dupond. Le voisinage, affaire de panoptique plus que d’aménagements ? Car, la création en 1995*** du Jardin Atlantique, recouvrant les rails, ne semble pas participer aux liens tissés entre habitants de Mouchotte. «Ouvert au public, le jardin est surtout l’occasion de se promener mais l’ambiance n’est plus la même qu’à l’époque», souligne Eva Dupond.

05(@JPHH)_B.jpgEffectivement, qu’en est-il du tissu associatif ? Si des annonces sur les murs des halls de l’immeuble attestent que 'la fête Mouchotte' existe toujours, elle semble avoir perdu de sa ferveur. «Elle reprend doucement», hésite Eva Dupond. Quant à l’ancienne 'Association des résidents de l’ensemble Maine-Montparnasse', devenue 'Association des locataires Maine-Montparnasse', impossible de la joindre. Le site web www.mouchotte.eu n’indique aucun numéro de téléphone, les mails et appels téléphoniques du Courrier de l’Architecte, notamment au syndic principal de l’immeuble, sont restés sans réponse.

Eva Dupond regrette notamment le havre d’enfance. Place aux cours de yoga et autres activités sportives. «L’arrêt du 'club' a changé l’ambiance mais la découpe à la vente aussi», poursuit-elle.

Au moment de sa mise en service, qui se déroula en deux phase en 1966 et 1967, l’immeuble Mouchotte était entièrement locatif. Sa gestion était répartie entre la COFIMEG (Compagnie Française d’Investissements Immobiliers et de Gestion - 436 logements, partie nord -) et le GFC (Groupement pour le Financement de la Construction - 317 logements, partie sud -). En 1997, la COFIMEG (devenue alors SEFIMEG) a mis en vente sa part de l’ensemble. A des prix attractifs, selon Eva Dupond. «Ce fut l’émeute pour acheter», dit-elle. Pour autant, des voix s’élevèrent contre l’injonction 'acheter ou partir'****. «Les locataires ont lutté pour que les appartements ne soient pas livrés à la loi du marché. Ils voulaient garder leur 'village'. 'Mouchotte' a fait de la résistance», selon Pascal Perris. Néanmoins, ventes et départs eurent bien lieu.

«La vente 'à la découpe' par la SEFIMEG fait éclater en 1997 la belle unité des Mouchottiens. Les plus 'durs' siffleront ceux qui achètent et qui ont cédé devant les conditions d’achat très avantageuses offertes par la SEFIMEG. Depuis 1997, les mutations de propriété se succèdent et semblent indiquer une instabilité affirmée des propriétaires ; les propriétaires bailleurs se multiplient», écrivent Pierre Caillot et Gérard Monnier.

Depuis, les escaliers H à M sont la propriété de Gecina (anciennement GFC) et les escaliers A à G gérés en copropriété. A propriétaires distincts, syndic principal et syndic secondaire, lequel représente les propriétaires privés des appartements.

06(@JPHH).jpg «La gestion des années passées n’était pas parfaite, loin de là et le bilan des lacunes des anciens gestionnaires n’est pas encore vraiment apprécié par tous, mais la question de la gestion d’un ensemble immobilier comme Mouchotte, aujourd’hui et pour les années à venir, où le nombre et le poids des propriétaires bailleurs augmentent sensiblement tous les ans, intéresse de moins en moins de personnes, au détriment, peut-être, des résidents. Des transformations dans les rapports entre les habitants, entre les propriétaires, s’opèrent actuellement au profit de l’intérêt particulier, sans véritable prise de conscience des problèmes des uns et des autres, sans véritables projets collectifs», soulignent Pierre Caillot et Gérard Monnier.

A l’époque inscrit au coeur de «la zone», l’immeuble Mouchotte est aujourd’hui bien entouré. La ville s’est densifiée, Maine-Montparnasse est devenue, de périphérie, un coeur urbain. Palpitant ? Voire.

Un emblème architectural, sûrement. Mais sur la dalle de Mouchotte, les enfants n’y dansent plus ?

Emmanuelle Borne

07(SIAF)_B.jpgPhotos : Pour toutes les photos créditées du sigle SIAF, le copyright complet est le suivant : SIAF / Cité de l'architecture et du patrimoine / Archives d'architecture du XXe siècle

* Pierre Caillot (architecte conseil du ministère de l'Equipement) et Gérard Monnier (université Paris-I), Le 'village Mouchotte' à Paris : acteurs et militants de la modernité urbaine.
Pour résumer : Emblématique de la pensée architecturale et urbaine de la période de croissance d’après guerre, l’opération Maine-Montparnasse combinait la destruction de l’ancienne gare Montparnasse, l’extension de la gare du Maine, la construction d’un ensemble de bureaux, de commerces et deux immeubles de logements conçus au-dessus des rails SNCF par l’architecte Jean Dubuisson. L’immeuble Mouchotte s’élève dans le 14e arrondissement. Côté 15e arrondissement, l’immeuble du boulevard Pasteur compte 255 logements livrés en 1965 (NdA).
** Ibid
*** Conçu par les paysagistes François Brun et Michel Péna
**** 'Devenir du grand ensemble locatif situé rue du Commandant-Mouchotte (Paris 14e), 10e législature', www.sénat.fr

Réactions

emavbt | étudiante en architecture | paris | 22-10-2014 à 12:08:00

Bonjour à vous tous,
Malgré l'ancienneté de vos commentaires j'aimerai rencontrer l'un de vous. Je suis étudiante en architecture et je m'intéresse au côté social de cet immense bâtiments de sa création à aujourd'hui. L'idéal serait que je rencontre quelqu'un qui y a vécu au début des années 70 et qu'il le cotoie encore aujourd'hui. L'un de vous pourrez m'accorder quelques minutes de son temps?
vibertemma@gmail.com
Bonne continuation

raoul | locataire | 01-12-2012 à 20:02:00

Article interessant

Dominique | Romancière | Paris | 02-02-2012 à 17:15:00

J'ai vécu à mouchotte de 66 à 81. Une enfance et une adolescence passée sur la dalle et dans les caves avec ma bande d'amis. Des années fortes. Une expérience presque communautaire unique. J'ai été à ce point imprégnée par l'architecture de Mouchotte que j'ai dessiné pendant des années des lignes et des perpendiculaires qui reproduisaient l'immeuble. Mouchotte aurait été un magnifique objet d'études pour des sociologues. Dans un de mes romans, " c'est une maison bleue". (2000)Je n'ai pas resisté à l'envie d'y installer quelques scènes qui se déroulaient en 68 et dans les années 70. Oui, en 68, il y avait presque autant de drapeaux rouges qu'il y avaient de fenêtres. Et 2 ou 3 drapeaux noirs. Et un. Un seul drapeau français, escalier K, je crois. cela nous avaient tous choqués. je pourrais parler des heures de Mouchotte...J'en rêve parfois encore. Ainsi que de la gare...

solena | habitante de mouchotte | paris | 16-11-2011 à 00:15:00

J'ai la grande chance d'habiter Mouchotte depuis quelques années. C'est vrai que l'isolation thermique était un problème que la personne a qui nous avons acheté notre appartement ne nous avait bien sûr pas signalé. Nous y avons pourtant remédié par des stores réfléchissant intérieurs, par la pose d'isolant autour des fenêtres, par des double-rideaux. Investissements faits de manière individuelle mais qui sont nécessaires. On apprend à vivre à Mouchotte, comme si on était en Italie, on tire les rideaux, on joue avec les courants d'air...Les problèmes de chauffage ont été également réglé grâce au changement des chaudières. Nous ne pourrions plus vivre aujourd'hui dans un appartement classique tant vivre très haut (nous sommes au 15ème étage) nous est très agréable : les variations de la lumière sont, à toutes saisons, très agréables, voir la pluie tombée sur Paris, la neige comme nous l'avons eu l'an passé, les ciels enflammés de Paris sont autant de spectacle dont nous ne nous lassons pas. Et puis il y a le jardin de l'Atlantique, on aimerait que certaines choses soient déposées comme cette horrible chose métallique au milieu du jardin... mais les arbres, le parc de jeux pour les enfants, les terrains de tennis, les tables de ping-pong, les pelouses sur lesquelles on peut pique-niquer ou bronzer sont vraiment des atouts importants pour Mouchotte. Ce qui s'est passé à Mouchotte dans les années 70 était certainement quelque chose de très fort que nous regrettons de n'avoir pas connu. Nous vivons aujourd'hui dans une société très individualiste, dans laquelle tout le monde n'a pas forcément envie de partager quoi que ce soit avec ses voisins, c'est dommage, mais c'est comme cela, et ce n'est pas en en faisant un sujet de nostalgie que l'esprit de Mouchotte (fait de générosité, d'ouverture, d'humanisme) soufflera à nouveau...

regine7 | interprète | 76014 | 26-10-2011 à 09:25:00

Je suis résidente de Mouchotte depuis 1970 : je réside dézormais au bâtiment A où, du quinsième étage, j'ai une vue sur la Place de Catalogne.
Mouchotte est un prolongement de moi-même

Mikech 13 | Paris | 22-05-2011 à 17:14:00

J'ai également résidé "à Mouchotte" de juillet '66 à juillet '84.
Parmi les avantages que "Eva Dupond" aurait pu signaler, mais elle était trop jeune, je signalerais -une évidence- la centralité (j'avais habité à Antony précédemment). Voyageant énormément à l'époque, j'étais à contre-courant de la banlieue pour aller tant à Orly, qu'au Bourget puis à Roissy (I) ou prendre la route pour aller aux usines pour qui je travaillais ou, enfin, chez les clients. "Eva Dupond" aurait pu mentionner que les loyers, au départ, sans être "modiques" n'en étaient pas moins abordables (un quart de deux salaires). Cela a, bien sûr augmenté, mais restait "abordable".
Si les appartements étaient bien traversants (sauf les 2 pièces, sur rue seulement)et assez peu bruyants sur cette façade, ils donnaient sur...la gare de l'autre côté ! Pas couverte et très active jusqu'à une heure tardive, la nuit, avec les derniers trains pour Paimpol, Quimper, Quimperlé... et les départs/retours "en quille" de conscrits quelque peu avinés et très bruyants. La dalle sur gare, longtemps demandée, promise, a vu le jour après mon départ pour d'autres cieux.
Egalement "à charge", le corollaire de la température élevée en été, il y avait, d'une part un chauffage (complet) par le sol (encore possible pour les permis de construire, jusques et y compris 1966, n'est-ce pas ?. Il faut ajouter à cela, d'autre part, l'impossibilité de régler la température dudit chauffage. Il y régnait (selon les étages et l'arrivée de l'eau du chauffage urbain) une température "d'enfer". Au point que l'une ou l'autre, voire plusieurs fenêtres restaient ouvertes en permanence, même au plus fort de certains hivers, pourtant rudes. Malgré la présences des tablettes, signalées dans l'article, je pense que nous avons été nombreux à installer des entre-bailleurs pour éviter tout risque d'accidents (mortels)avec de jeunes "enfants grimpeurs" !
Il est vrai que cette "architecture sur dalle" assez en usage à l'époque et plus tard (Défense...) offrait, comme cela a été évoqué, la "rue intérieure" surélevée, "la Place du Village" et lieu de la Fête. Cette "rue" desservait les escaliers et avait évité des couloirs intérieurs qui auraient été dramatiquement longs et dévoreurs de surfaces (car la distribution intérieure des appartements avait été optimisée, il faut le signaler aussi !). La contrepartie négative était la multitude d'entrées/sorties, d'accès possibles, des parkings, des caves, sur la dalle, sur les ascenseurs et l'escalier principal au 26. D'où une insécurité qui nous a fait courir après des enfants "perdus" et nous inquiéter plus qu'à notre tour, en attendant que cela se claquemure au fur et à mesure.
Malheureusement, un autre inconvénient, avec le temps a été ressenti au niveau de l'isolation de la "double peau". La laine de roche (?) a "glissé" à l'intérieur sans grande possibilité de la "remettre en place", augmentant encore la mauvaise isolation thermique et les dépenses correspondantes en consommation de chauffage/énergie.
Voilà ce que j'avais à, éventuellement, ajouter à l'article que je viens de lire.

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