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Institution | AFEX : pas un 'bureau de petites annonces' mais un espace d'échanges (27-04-2011)

«Architectes Français à l’Export n’est en rien un club d’affaires», souligne Francis Nordemann, architecte et président de l’AFEX. Autrement dit, augmenter son chiffre d’affaires à l’international est un objectif nécessaire mais pas suffisant pour les 200 membres de l’association, en majorité des architectes. Objectif premier de ceux-là : partager et capitaliser leurs expériences. Présentation.

France

«Architectes Français à l’Export (AFEX) est née en 1996 quand l’architecture était encore rattachée au Ministère de l’Equipement. Intitulé 'architecture et exportation', un groupe de travail avait mis l’accent sur le fait que, bien que bénéficiant d’une notoriété à l’international, les architectes français ne réalisaient que 2% de leurs chiffre d’affaires à l’export», souligne Madeleine Houbart, secrétaire générale de l’AFEX. De ce constat est née l’association, de statut loi 1901, consacrée à la promotion de l’architecture française hors des frontières hexagonales, avec le soutien de la Direction générale des Patrimoines du Ministère de la Culture et de la communication.

Dotée d’un Bureau mettant en oeuvre les orientations fixées par son Conseil d’Administration, l’AFEX compte, sur 200 membres en 2011, 120 architectes ainsi que des membres dits 'associés', «acteurs de la maîtrise d’oeuvre tels des urbanistes, des ingénieurs et des paysagistes», des membres 'partenaires', «institutionnels et industriels» et des membres 'invités'.

«Ce dernier statut, qui exonère sur invitation de droits d’entrée pendant un an - soit 500 euros d’entrée plus 600 euros d’adhésion par an -, est destiné à de jeunes architectes qui peuvent ensuite choisir de devenir adhérent ou non. Tous les deux ans, nous invitons par exemple les NAJAP à nous rejoindre», précise Madeleine Houbart.

Comptant des noms prestigieux - Christian de Portzamparc ou Architecture Studio notamment, dont la production à l’étranger est significative -, l’association accueille également tous ceux qui ne sont pas familiers des rouages de l’exportation mais qui souhaitent s’en constituer l’expérience.

«Volontariat» et «motivation» sont les mots d’ordre de l’AFEX.

«Nous ne demandons jamais leur carte à ceux qui nous sollicitent pour de l’information. Et ceux qui adhèrent le font pour travailler», souligne Francis Nordemann, le président élu en 2010, pour un mandat de deux ans, tout en mettant l’accent sur l’aspect «militant» de l’association.

«L’AFEX n’est pas le bureau des petites annonces», dit-il. Avant tout, «nous organisons un réseau, un fond culturel et nous procédons à la mutualisation d’expériences». Bref, conçue au départ comme un support à l’exportation, l’AFEX n’a pas qu’une vocation économique. «Les actions mises en oeuvre ne sont pas un levier immédiat pour l’export. Nous aiguillons comme le ferait un service public».

De fait, «à chacun sa stratégie». L’association est pour son président, enseignant à Paris Belleville et fondateur d’une agence parisienne comptant huit collaborateurs, «une manière de voir les choses d’un peu plus haut». Idem pour Laurent Pezin, co-fondateur de l’agence Arc.Ame et membre de l’AFEX depuis deux ans. «Je voulais voir plus loin», dit ce dernier. «A l’agence, nous travaillons beaucoup sur la ville, un sujet qui dépasse les frontières. L’atout principal de l’AFEX est la mise en contact avec des professionnels, des décideurs et des aménageurs internationaux sur le sujet qui nous occupe. Cela nous permet de voir comment se conçoit la ville ailleurs qu’en France».

Les missions de prospection collective à l’étranger organisées par l’association forment, selon l’architecte, l’un de ses principaux attraits. Proposées deux fois par an autour de colloques, organisés en partenariat avec UBIFRANCE* et les missions économiques locales, elles réunissent en moyenne une vingtaine d’architectes. Prochaine destination, prévue du 20 au 24 juin prochain : Wuhan et Chengdu, en Chine.

Outre les visites de quartiers et de projets, «ces colloques présentant le savoir-faire français sont autant d’occasions de rencontrer des clients étrangers dans le cadre de rendez-vous B to B» précise Madeleine Houbart.

02()_S.jpgUn premier contact fructueux ? «Lors du dernier voyage organisé au Vietnam, nos interlocuteurs ont fait part de leurs attentes à notre égard : de vastes schémas d’aménagement urbains, qui ne font pas partie du savoir-faire de notre agence. Néanmoins, l’enrichissement est là. Par ailleurs, nous prenons contact avec nos confrères locaux pour voir comment travailler ensemble. Collaborer avec ces maîtres d’oeuvre est essentiel pour s’exporter à l’international», souligne Laurent Pezin.

Ce dernier met également l’accent sur l’importance des 'AFEX café', réunions informelles tenues à Paris ou en Province tous les deux mois «au cours desquelles chacun présente un projet autour d’un thème, par exemple la Chine». En l’occurrence, le sujet devrait déboucher, à partir de 2012, sur la création de l’AFEX Chine réunissant les architectes français installés sur place.

Du partage à la capitalisation d’expériences. AFEX organise également des groupes de travail autours de thèmes dont l’objectif est la création de guides. Le dernier en date, Contrat Export : négocier et bâtir en 10 points, sera publié début mai. «Nous avons organisé une vingtaine de réunions à ce sujet pour aboutir, en collaboration avec le Cabinet d’avocats Michel Huet Bellenger Blandin, à une méthodologie contractuelle en dix points», précise Madeleine Houbart. Construire en Chine ou Construire pour un développement durable font également partie de ce fond documentaire. Autre piste proposée par Francis Nordemann : «la question de l’assistance à Maîtrise d’ouvrage à l’export». En tout cas, «ces guides très concrets sont précieux pour tous ceux qui n’ont pas l’habitude de travailler à l’international», souligne Laurent Pezin.

L’AFEX se charge également, via mails, de la diffusion d’appels d’offres internationaux sélectionnés par UBIFRANCE. «Le processus est très itératif : nous travaillons avec eux pour sélectionner les annonces les plus intéressantes. Auparavant, c’était au fur et à mesure des offres. Désormais, nous allons formaliser la démarche. L’AFEX fournit dix 'Veilles Projets' par an à ses membres, chacune étant composée d’une vingtaine d’appels d’offres», souligne Madeleine Houbart.

D’aide en aides. L’AFEX est également «une boîte à outil guidant les architectes vers les aides les mieux adaptées, telle le SIDEX en matière d’aide au voyage ou l’assurance prospection Coface».

Enfin et non des moindres, les actions visant à la promotion du savoir-faire français trouvent leur point d’orgue dans le 'Grand Prix AFEX de l’architecture française dans le monde', distinguant dix projets exemplaires. «Le Grand Prix est né de l’envie de faire connaître la production des architectes qui construisent à l’étranger. Nous avons reçu des images de 45 bâtiments construits ces deux dernières années». L’exposition photographique 'Ailleurs, Architectures françaises dans le monde', réalisée avec l’agence VU’/Groupe Abvent et le Moniteur, partenaires de la première édition du Grand Prix, a mis en valeur les 10 projets sélectionnés et le projet lauréat, l’Université féminine Ewha de Séoul en Corée de Dominique Perrault.

L’exposition a été présentée à l’occasion de la biennale de Venise 2010, puis à la Cité de l’Architecture début 2011. Elle est actuellement visible à la Maison de l’architecture d’Aquitaine jusqu’à mi-mai. «Le palmarès 2010 poursuit également son itinéraire à l’étranger». Parmi les projets sélectionnés, on compte notamment la jeune agence Triptyque architecture.

Entre volet information, mise en réseau, aides à l’export, capitalisation des expériences et promotion du savoir-faire français, l’AFEX a tout pour séduire. Alors, pourquoi l’association ne compte-t-elle pas davantage de membres ? Faut-il voir dans les frais d’adhésion un frein, sachant que les colloques à l’étranger sont en partie payants ? Pas selon Laurent Pezin. «L’adhésion n’est pas onéreuse. Certes, les voyages ont un coût mais une partie des frais est prise en charge par UBIFRANCE. Le plus difficile pour une petite agence est bien davantage le fait de s’absenter pendant une semaine. Un ou deux voyages par an, c’est le maximum».

«Nous étions cinquante au départ et le nombre de membres, entre adhésions et défections, augmente de dix à vingt par an», souligne Madeleine Houbart.

Surtout, «200 membres, c’est 200 membres actifs», conclut Francis Nordemann.

Emmanuelle Borne

* UBIFRANCE, l’Agence pour le développement international des entreprises, dispose de 66 Missions économiques présentes dans 46 pays. Elles forment le réseau mondial d’UBIFRANCE, soit plus de 1.200 collaborateurs, en France et à l'étranger, dédiés à l'accompagnement des entreprises françaises dans leur développement à l’international. UBIFRANCE est un Etablissement Public Industriel et Commercial placé sous la tutelle du Ministre de l'Economie, des Finances et de l’Industrie, du Secrétaire d'Etat chargé du Commerce extérieur et de la Direction Générale du Trésor.

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