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Brève | Un mur en gabion réalisé à l'aide des déchets d'enrobés, à Aubervilliers (29-03-2011)

Dans le cadre du chantier de transformation des espaces extérieurs de la Cité République, un mur en gabion réalisé à l'aide des déchets d'enrobés issus des démolitions vient d'être terminé avenue de la République, à Aubervilliers. Un des partis pris des architectes Hélène Reinhard, Benoit Oudin et Franck Parnet est de réutiliser au maximum les déchets de chantier. Communiqué.

Notice Architecturale | Aménagement extérieur/Paysage | Aubervilliers

Historique du mur en gabion d’enrobés démolis

Dans le square existant, deux triangles en pentes recouverts de béton se faisaient face. L’OPH souhaitait la démolition de ces reliefs. Les architectes, recherchant à éviter la mise en décharge de l’important volume de déchets que cela générerait, proposent de repositionner les gravats de l’un des deux triangles sur l’autre afin de créer un promontoire dans le square et de délimiter différents espaces de détente et de loisirs.

Ce promontoire est prévu maintenu par un mur en gabions. Les gabions sont un système permettant d'ériger des murs de soutènement à l’aide de cages métalliques d'un demi-mètre cube remplies généralement de pierres trouvées sur le lieu. Avant le démarrage des travaux, les architectes proposent au maitre d’ouvrage et à l’entreprise de remplir les cages de ce mur en gabions non pas par des pierres qu’il aurait fallu acheter et transporter vers le site mais avec les déchets des revêtements démolis.

Les études d’exécution avec les entreprises mènent à la conclusion que les déchets les plus présents sur le site sont les restes de l’urbanisme des années 70, à savoir des enrobés. En effet, les espaces extérieurs existants étaient quasiment entièrement recouverts de ce revêtement, qui donnaient à la cité un aspect trop urbain et dégradé. La transformation de ces enrobés en 'pierres', permettant l’édification d‘un mur de facture artisanale comme on n’en trouve nulle part ailleurs en France, tout comme d’un point de vue écologique de réutilisation des déchets, enchante le maitre d’ouvrage et les habitants. Dans le cadre de ce projet ANRU, cela représente une belle innovation dans la manière de traiter les restes du passé.

02(@ClementGuillaume)_B.jpgLes architectes et les entreprises innovent ensemble pour concevoir ce mur en gabion qui sert de soutènement à un promontoire, à l’aide de croutes d’enrobé d’environ 5cm d’épaisseur empilées en strates horizontales. L’entreprise Colas qui réalise les travaux avec l’entreprise Marcel Villette a construit ce mur comme elle l’aurait fait pour un mur en pierres sèches, en cassant les plaques d’enrobés et les ajustant une à une pour un aplomb parfait. Les travaux pour ce mur d'environ 70m de long auront duré deux semaines. La réalisation a demandé un travail pointu pour caler chaque plaque d'enrobé. Le rendu est des plus réussi.

Le projet de création d‘un parvis public et d’un square donnant sur l’avenue de la République et de deux parkings aménagés sur la rue Karman

Le programme du projet incluait l'aménagement de l'espace donnant sur l'avenue de la République en parvis à vocation publique, ainsi que l'aménagement d'un square résidentiel également ouvert au public dans un des autres espaces.

Pour ces espaces traversés chaque jour par environ 2.000 personnes, les architectes ont imaginé un projet entièrement ouvert et permettant une liberté de circulation pour les piétons et des espaces conviviaux apportant un réel confort aux habitants de la cité et aux usagers de l'ilot, ce dans l'espace public. Après deux ans d'études, le chantier a démarré en juillet 2010 pour un budget de 1.302.000€ HT. Il est prévu qu'il se termine en juillet 2011.

03(@ClementGuillaume)_B.jpgLe projet a été pensé depuis le départ dans le sens d'une économie de matériaux et d'une utilisation originale des ressources en matériaux démolis et en eaux pluviales : il comporte en effet une grande estrade en bois avec une pergola sous laquelle seront disposées des tables de jeux et des bancs, un jardin nommé 'le jardin humide' comportant des bassins et espaces plantés évoquant un sous-bois et un système de récupération de toutes les eaux de pluie qui alimente une fontaine redistribuant ces eaux de pluie pour l'alimentation de ces bassins.

Le mur en gabion dans le square a été dressé au droit d'un ancien volume de forme triangulaire que l'OPH souhaitait démolir. Les architectes ont alors proposé de garder ce volume et de le transformer en promontoire définissant ainsi deux espaces distincts dans le square, l'un à 1.8m au dessus du sol.

Le projet du square

Le square dispose d’une qualité d’exposition au sud exceptionnelle, des arbres existants variés et en très bonne santé et une localisation à l’intérieur de la parcelle le prédispose à devenir de fait un lieu de détente et de repos pour les habitants. Le futur promontoire définit un espace engazonné en pente douce qui confirme un peu plus le caractère protégé et secret d’un jardin avant tout destiné aux locataires.

Dans la partie basse, des espaces de jeux pour les enfants sont répartis autour d’une allée traversante bordée de pelouses praticables où les familles sont attendues avec leurs pique-niques et autres gouters sur l’herbe.

Toute une gamme de mobilier urbain en bois a été pensée à partir d’un seul et même module de section 6*8. Ce mobilier définit des espaces aux vocations différentes et invitera au jeu tout comme à la détente. Tout le mobilier est en chêne. Il était prévu, à l’origine que ce projet soit façonné dans le cadre d’ateliers d’insertion invitant à la découverte des métiers du bois sur le site. Cela n’a finalement pas pu voir le jour faute de moyens et d‘organisation. Mais l’idée pourrait être imaginée dans le cadre d’autres projets urbains de ce type.

Le projet du parvis

Le parvis public est conçu comme une place sur 3 niveaux permettant des degrés d’intimité et des usages distincts entre la place basse, la place haute et son jardin humide, la généreuse plateforme bois entourée de son jardin méditerranéen.

Un important travail sur la conception et la réalisation de mobilier et de structures en bois a été réalisé. Le chêne a été choisi pour tous ces éléments pour son origine locale, ses propriétés de résistance en extérieur sans traitement, sa solidité, ses qualités esthétiques.

Hélène Reinhard, Benoit Oudin, Franck Parnet 

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