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Mali | Sirandou Diawara : l'Architecture entre traditions et modernité (23-02-2011)

Dans un article publié le 10 juin 2010 dans Le Journal du Mali, Aurélie Dupin dresse le portrait de la jeune architecte Sirandou Diawara. «Cette jeune architecte malienne a éveillé son esprit aux multiples styles urbains des capitales traversées. Elle participe aussi aux travaux de la nouvelle Cité Administrative de Bamako», écrit-elle.

Afrique | Sirandou Diawara

Contexte
A l’instar de ses confrères maliens, Sirandou Diawara a suivi sa formation d’architecte à l’étranger, en l’occurrence en France, avant de s’installer définitivement à Bamako en 2010. Un retour applaudi par les lecteurs du Journal de Mali. «Du courage la jolie, mais reviens au pays, ça marchera, tu feras notre fierté et c'est toujours mieux que chez ces gens là», écrit l’un. «Talentueuse, jolie et pleine d'idées», écrit un autre. A bon escient sans doute tant la jeune architecte malienne multiplie les projets en Afrique de l’Ouest.
EB

SIRANDOU DIAWARA : L'ARCHITECTURE ENTRE TRADITIONS ET MODERNITE
Aurélie Dupin | Bamako | Le Journal du Mali

Bamako, Dakar (où elle se souvient avec émotion de la magnifique maison en bord de mer qu’elle occupait avec sa famille), Abidjan et finalement Paris. C’est donc en France qu’elle passa son adolescence et effectua ses études d’architecture à l’école de Charenton d’abord puis à celle de La Villette pour finir par une année d’Erasmus à Berlin. Elle y fit également ses premières armes de professionnelle avec notamment l’aménagement des berges de quatre communes des Yvelines, la décoration d’appartements de luxe de la capitale mais aussi l’agencement d’agences bancaires.

So Da, le seuil de la maison

Sa silhouette gracile n’annonce rien, à priori, de sa détermination et de sa rigueur. Et pourtant, dès 2005, âgée d'à peine 30 ans, elle créa son propre cabinet, So Da, qui signifie 'le seuil de la maison' en bambara. Deux mots qui résument à eux seuls sa conception de l’architecture. Sirandou aime penser et aménager un espace dans son ensemble, c’est-à-dire non seulement le bâtiment mais aussi son intérieur et le jardin. Elle veut «raconter l’histoire jusqu’au bout» et non pas seulement un épisode.

Mais pour elle, l’histoire doit toujours tirer un trait entre tradition et modernité sans jamais les opposer, selon la méthode japonaise. Ainsi, il s’agit de tirer parti des innovations techniques et des concepts architecturaux modernes tout en y associant des matériaux locaux, des savoir-faire, des richesses artisanales et des cultures ancestrales. Comme un clin d’oeil à sa double culture.

02(@JournalduMali.com)_S.jpgStyle et authenticité

Pour autant, Sirandou refuse de se cantonner dans un style figé qui réadapterait à l’infini un concept pré-établi. Bien au contraire, elle étudie toujours le projet de ses clients afin de coller au plus près de leurs envies tout en les amenant à aller plus loin. Ainsi, ses réalisations sont hétéroclites. On peut citer (et admirer) à son actif la rénovation complète de l’Hôtel Azalaï Indépendance à Ouagadougou (Burkina Faso) qui associe architecture soudano-sahélienne, maroquinerie touarègue et sculptures en bronze typiques du Burkina Faso, des immeubles Hi Tech dans le quartier d’affaires de Bamako (Mali) ou bien encore l’élaboration complète d’une maison de prestige et de son jardin à la Cité du Niger.

Elle travaille actuellement à la réalisation de la résidence de l’ambassade du Japon, toujours dans la capitale malienne et est architecte-conseil sur la finalisation de la Cité Administrative qui rassemblera dans les prochains mois tous les ministères en un lieu unique sur les bords du fleuve. Enfin, elle concrétisera dès septembre un somptueux projet d’hôtel quatre étoiles en Côte d’Ivoire ainsi que l’aménagement intérieur de l’Hôtel Azalaï à Cotonou (Bénin).

Entre Paris et Bamako

Après avoir fait la navette entre Paris et Bamako, Sirandou Diawara a fait le choix, il y a six mois, de revenir s’établir de façon permanente dans la ville des Trois Caïmans. Si le marché malien et ouest africain lui offre des opportunités importantes, Sirandou en souligne néanmoins les difficultés liées principalement à la perte du savoir faire de la main d’oeuvre locale.

La transmission des techniques se faisant presque exclusivement de façon orale et pratique et n’étant pas suppléées par des écoles de formation, les ouvriers perdent peu à peu les connaissances de leurs aînés, autrefois d’excellent niveau. Cependant, par sa présence quotidienne sur les chantiers, son exigence de qualité et son étroite collaboration avec chaque exécutant, cette jeune architecte, aujourd’hui largement reconnue dans son pays et au-delà, contribue à donner un visage nouveau et moderne à la Bamako de ses ancêtres.

Aurélie Dupin | Le journal du Mali
10-06-2010

Source : www.journaldumali.com

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