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Interview | Erasmus Mundus, une «expérience ++» pour Héloïse Le Carrer (17-02-2011)

Héloïse Le Carrer, étudiante à l'ENSA Bretagne, a vu la Chine. Plusieurs fois même. Entre autres, le programme d'échange Erasmus Mundus lui permit de passer une année à l'université de Xiamen dans la province de Fujian à mi-chemin entre Hong-Kong et Shanghai. Héloïse Le Carrer partage avec nous cette expérience.

Vie étudiante | ENSA Bretagne | France

Contexte
L'ENSA Bretagne a développé depuis 2007 un accord bilatéral avec l'université de Xiamen dans le cadre du programme international Erasmus Mundus qui, par extension au programme strictement européen Erasmus, propose des destinations non-européennes. C'est dans ce cadre qu'Héloïse Le Carrer a pu passer une année en Chine.

Le Courrier de l'Architecte : Pourquoi la Chine ? Et, surtout, comment ?

Héloïse Le Carrer : Mon parcours personnel est intimement lié à la Chine. Tout a commencé par l'apprentissage du chinois au lycée. Après trois voyages là-bas, j'ai découvert un pays fascinant où l'on perd ses repères. La langue, la ville, l'enseignement, tout y est différent.

Je suis parti en 2008-2009 lors de ma quatrième année d'étude. L'échange entre l'ENSA Bretagne et l'université de Xiamen était alors récent. Les premiers étudiants à y avoir participé étaient partis l'année précédente.

Comment avez-vous été informée ?

Nous avions été informés très tôt dans l'année des modalités. Une réunion avait été organisée, laquelle précisait d'ailleurs les aides qui pouvaient nous être apportées.

Le dossier vous oblige à présenter une lettre de motivation, comment l'avez-vous abordée ?

Nous devions effectivement fournir une lettre de motivation. J'y ai exprimé les raisons pour lesquelles je voulais aller en Chine, notamment mon fort intérêt pour cette culture. J'ai par ailleurs souligné que cette expérience s'inscrivait dans une stratégie plus large, celle de l'apprentissage de la langue d'une part et la concrétisation de contacts d'autre part. Enfin, j'y ai mis une partie plus réflexive sur la ville en Chine afin de montrer que cette année à Xiamen serait un moyen de pouvoir vivre la ville chinoise au quotidien.

Autre point essentiel du dossier : nous devions élaborer un programme pédagogique, c'est-à-dire qu'il nous fallait faire une liste des cours que nous allions suivre afin que l'ENSA Bretagne valide ou non nos équivalences.

Concernant les aides, en avez-vous obtenues et, si oui, comment ?

A l’époque, j'avais obtenu une bourse de la DAPA qui tombait tous les mois. J'ai également eu, en complément, une bourse Ulysse de la région Bretagne. L'école m'a toujours aidé dans mes démarches.

Il faut noter, par ailleurs, que la vie en Chine n'a pas le même coût qu'en France. Se loger était relativement facile.

Les premiers jours ?

Bien entendu, j'ai passé la première semaine en dortoir dans un campus... Un campus à l'américaine ! Je me suis aussi rapidement rendu compte que mon niveau en chinois était insuffisant.

Comment avez-vous fait alors, pour suivre les cours par exemple ?

Plusieurs choses. Tout d'abord, nous n'assistions pas aux cours donnés en amphithéâtre. Le retour sur expérience du premier échange avec l'université de Xiamen avait démontré qu'il était trop difficile pour nous qui ne maîtrisions pas pleinement la langue de suivre de tels exposés magistraux.

Nous avons donc principalement suivi des cours en ateliers, des cours de dessin et des cours d’histoire qui étaient, pour ces derniers, dispensés en anglais afin que les étudiants locaux se familiarisent avec cette langue.

Concernant la langue chinoise, je prenais des cours et participais à des échanges avec des étudiants qui apprenaient le français. J'ai pu rencontrer des professeurs par le biais d'un réseau d'annonces. J'ai également eu un autre professeur que j'ai rencontré dans la rue...

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Comment avez-vous vécu l'éloignement ?

J'étais avec un autre étudiant de la même promo, David. Avec mes proches, Internet et Skype permettaient de relativiser la distance. Et puis, j'ai reçu la visite de mon père, de ma mère, il y a eu aussi la famille de David...

Que retenez-vous de cette expérience ?

Beaucoup. C'est une expérience ++. Je retiens particulièrement le travail sur des échelles que nous n'avons pas l'habitude d'appréhender. 50.000m² de logements, c'est impensable !

Nous avions, à ce propos, peu de retour de nos professeurs sur nos projets. Il y avait une sorte d'indépendance à notre égard. Nous avons eu des remarques perturbantes alors que nous cherchions à concevoir des projets à partir de typologies autres que celles de tours ou de barres. Nous arrivions avec nos concepts, nos professeurs les regardaient avec intérêt et nous lançaient même que c'était original avant d'ajouter que n'aurions pas le temps...

En Chine, il faut construire vite. Il faut donc passer par la copie. Il y a des systèmes qui fonctionnent et il faut s'en inspirer. C'est la règle.

Parmi les autres expériences enrichissantes, il y eut une semaine passée avec quinze autres étudiants à faire des relevés d'habitats traditionnels chinois. La question, au fond, était-elle de prendre en compte l'habitat vernaculaire pour le sauvegarder ou bien pour le détruire et le reconstruire ?

Retour à Rennes ?

Après un semestre à Rennes, je suis repartie en Chine, cette fois-ci, à Shanghai. Je vais passer mon diplôme et réaliser mon mémoire sur les nouveaux architectes chinois. De nouvelles pratiques émergent. J'ai donc fait un stage en agence et j'ai pu, à cette occasion, réaliser une série d'entretiens.

Propos recueillis par Jean-Philippe Hugron

Réactions

C David | relations internationales | Bretagne | 05-05-2011 à 16:20:00

Une erreur s'est glissée dans cet article : le partenariat entre l'ENSA Bretagne et l'université de Xiamen ne fait pas partie du programme Erasmus Mundus mais est basé sur une convention entre les deux institutions.
Catherine David
Relations internationales
ENSA Bretagne

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