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Diplôme | Une Maison de l'Architecture à Chambéry (73), nouveau centre de gravité de la ville (10-11-2010)

A l’occasion de leur diplôme, Clémence Dupuis Delamarzelle et Simon Bencteux ont conçu une Maison de l’Architecture (MA) au sein du nouveau cœur de Chambéry, organisé autour de la gare TGV. "Centre de gravité " qui distribue les flux urbains et lieu de réunion "in situ ", leur MA fait, de facto, sens à l’échelle de la ville. Présentation.

ENSA Grenoble | Bâtiments Publics | Culture | Savoie

Chambéry va profiter de son emplacement sur l’axe ferroviaire est-ouest pour accueillir la future gare TGV Lyon Turin. Retrouvant alors une place stratégique à l’échelle de la région face à des villes comme Lyon, Grenoble ou Valence, Chambéry affirme son rôle majeur dans le sillon Alpin grâce à sa position en cluse. Profitant de cette effervescence, la ville se reconfigure autour de la gare TGV. Une nouvelle centralité s’installe alors sur ce nouveau lieu d’hyperactivité de la ville, où se concentrent les grands projets de Chambéry.

La Maison de l’architecture s’implante dans ce nouveau cœur de ville, le centre historique étant congestionné, et le quartier culturel risquant d’assimiler cet édifice à un musée de l’architecture, alors que la volonté est ici de diffuser la discipline architecturale en adéquation avec les enjeux urbains.

A l’ère de l’urbanisme des flux, les nœuds de réseaux représentent les véritables défis de la ville, et la MA, en s’installant dans un pôle intermodal, communique par là même son ambition d’être au cœur du débat. Elle profitera de l’occasion pour réunir les acteurs de ce cœur de ville prospectif.

Echelle urbaine

Le projet organise en premier lieu le franchissement de la voie ferrée grâce à une passerelle qui relie la ville haute à la ville basse. Cette structure traversante désenclave le quartier nord de la ville et rééquilibre l’accès à la gare de chaque côté. La rue de la gare côté centre-ville se retrouve désengorgée, les voitures pouvant désormais y accéder de chaque côté, avec un accès depuis la voie rapide urbaine ou depuis le centre ville.

En second lieu, le projet tente de réarticuler les flux de la ville sans pour autant les séparer, en proposant l’intermodalité des modes de transports. La Maison de l’architecture se pose comme un nouveau centre de gravité autour duquel s’organisent les relais des différents types de transport et à partir de laquelle repartent tous les flux. La voiture n’est plus proéminente sans être pour autant négligée car la nouvelle organisation relie les différents flux afin de faciliter le passage des uns aux autres. Auparavant excentrée, la gare est reconnectée à la ville en devenant l’un des pôles du périmètre intermodal.

02(@CDDetSB)_B.jpgEchelle architecturale

La Maison de l’architecture représente une accroche programmatique autour de laquelle s’articulent les différents mouvements.

La surface du bâtiment accueille vélos et piétons ; c’est une rampe qui s’ancre sur le nouveau parvis de la gare, se soulève et se retourne pour franchir la voie ferrée. C’est l’accroche au territoire.

La sous-face de cette rampe accueille les différents programmes et les circulations verticales directes. Activités liées au pôle intermodal et le programme propre à la MA sont mis en relation avec la rue grâce au jeu de retournement et de pli de la rampe. Programmes et circulations s’entrelacent autour de l’espace public. Ces deux types de mouvements, en surface et sous-face, sont connectés pour permettre le passage aisé d’un flux à l’autre et ainsi générer un maximum de scénarii.

A l’image de l’algéco de chantier qui permet la réunion, sur place, des acteurs d’un projet, la Maison de l’architecture est le lieu de réunion in situ de l’ensemble des acteurs de la ville prospective. Elle accueille les professionnels, les élus et les usagers de la ville dans ce nouveau cœur de ville.

Proéminente, la cafétéria constitue le signal urbain de la Maison de l’Architecture ; elle symbolise la réunion des acteurs de la ville. Placée en porte-à-faux sur le parvis, elle marque l’entrée de la Maison de l’Architecture.

La Maison de l’Architecture est un observatoire de la ville prospective, qui diffuse et promeut ‘le chantier de la ville’ autant par ses espaces d’exposition intérieurs que via la passerelle ou la façade-écran de la cafétéria. Les éléments programmatiques sont ‘mis en vitrine’. Ainsi de la salle de conférence, visible du côté de la voie ferrée.

03(@CDDetSB).jpg Structure primaire

La structure primaire est constituée par des portiques en IPE encastrés au sol et contreventés par des tirants, sur lesquels s’appuie une coque en acier qui fédère le projet. Construite sur le modèle de la coque des cargos navals, cette coque est auto-stable et profilée selon les efforts de franchissement entre deux points d’appui. Elle est constituée d’éléments découpés dans des panneaux d’acier soudés entre eux. La surface et la sous-face de la coque, constituées elles aussi de panneaux d’acier, sont soudées à l’ossature et participent à la répartition des efforts.

Structure porteuse secondaire

Les planchers sont suspendus à la coque par des tirants. Ce sont des planchers collaborants, qui permettent une légèreté de l’ensemble. Des liaisons aux portiques de la structure primaire permettent de stabiliser les planchers. La boite insérée qui constitue la cafétéria est portée en trois points par la coque, plus un point sur une structure portique. Elle est elle aussi constituée d’éléments de portiques IPE. La structure en coque acier se soulève du sol, s’appuie à chaque retournement sur les structures IPE qui contiennent les circulations verticales, franchit les voies ferrées et la route, puis vient se poser sur le parking.

Mise en œuvre de la coque

Afin de pouvoir la monter sur place, la coque est divisée en plusieurs éléments fabriqués en atelier (découpage des gabarits sur panneaux d’acier+soudure), qui sont ensuite acheminés par train sur le site, levés et assemblés sur place.

Clémence Dupuis Delamarzelle et Simon Bencteux

Cet article est paru en première publication dans CyberArchi le 4 février 2010.

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