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Diplôme | D'une distillerie à un centre de formation en boucherie, il n'y a qu'un architecte (10-11-2010)

A l’occasion de son TPFE, Clément Dégremont s’est attaqué au sujet essentiel de la réhabilitation du patrimoine industriel. En transformant l’ancienne distillerie Springer à Ris-Orangis (91) en centre de formation aux métiers de la boucherie, il détourne le bâtiment de son usage d’origine tout en préservant l’esprit architectural des lieux.

Sélection de la Rédaction | ENSA Paris Belleville | Bâtiments Publics | Education | Essonne | Clément Dégremont

02(@Degremont)_B.jpgPrésentation du site

La ville de Ris-Orangis se situe sur la rive gauche de la Seine qu’elle borde sur trois kilomètres dans la partie nord agglomérée du département de l’Essonne. Sa caractéristique principale est d’être traversée successivement et parallèlement à la Seine par la voie de chemin de fer reliant Paris à Montargis, la RN7 et, plus au sud, par l’autoroute A6.

Cette ville n’a pas une vocation de centralité. Elle ne constitue pas un pôle dans le département. En effet, elle est trop proche de la ville nouvelle d’Evry qui lui est limitrophe au sud-est.

Son territoire est également délimité par les communes de Draveil et Soisy-Seine, sur la rive droite de la Seine, au nord et par Fleury-Mérogis et Grigny à l’ouest. Le territoire urbanisé de la ville s’est aussi organisée en fonction de sa géographie : un coteau sépare la ville en deux depuis sa création avant d’être urbanisé à partir du début du XXème siècle.

03(@Degremont)_B.jpgLa distillerie Springer, construite par Paul Friesé à partir de 1891, s’installe au bord de la Seine, à proximité du pont et de la gare de Ris-Orangis. Cette distillerie est incluse dans une friche industrielle plus vaste appelée Dock des alcools. La ville de Ris-Orangis réfléchie actuellement à la reconversion de l’ensemble de la friche. L’intérêt est donc de transformer un site industriel en plein coeur d’une ville. L’enjeu est d’accorder un nouvel attrait à ce morceau de ville, de requalifier le patrimoine industriel de Ris-Orangis, d’enrichir encore davantage l’hétérogénéité urbaine existante tout en conservant cette architecture qui fait partie de l’identité historique et culturelle de la ville.

La parcelle de la distillerie occupe une surface de 12.000m² et les surfaces bâties existantes représentent environ 7.500m², pour une emprise au sol de 3.800m². Le bâti est composé d’une dizaine de bâtiments de dimensions variées mais, en moyenne, d’échelles relativement modestes. La requalification de cette partie de la friche répond au traitement des limites de la parcelle actuelle de l’ancienne distillerie et à celui de l’espace public entourant la gare qui jouxte le site.

Programme

Le programme de l’école de formation aux métiers de la boucherie et de la charcuterie se divise en quatre grands pôles : un pôle de formation théorique, un pôle de formation pratique, un pôle logistique lié au fonctionnement de l’école et enfin un pôle administratif.

L’évaluation des surfaces des locaux a été faite en fonction d’une capacité d’accueil de 300 élèves par semaine, pour une totalité de 600 élèves inscrits, la formation s’effectuant en alternance.

04(@Degremont)_B.jpgIntentions architecturales 

Les premières intentions de projet concernent la redéfinition des limites parcellaires de l’école. La partie de la friche qui nous intéresse est comprise entre la Seine, la voie ferrée, la rue de Seine et la rue Edmond Bonté. L’objectif est de rattacher la partie de la ZAC comprise entre la Seine et la gare au reste de la ville en créant deux voies transversales à la voie de chemin de fer qui se poursuit jusqu’au quai de Seine. Trois nouvelles parcelles sont ainsi définies, la parcelle attribuée à l’école se situant entre les deux autres.

Le deuxième objectif du projet est de désenclaver l’ancienne malterie pour la réhabiliter en centre culturel en créant un accès depuis le parvis de la gare. Un parking semi enterré, implanté entre l’ancienne malterie et la voie de chemin de fer, permettrait de dégager un réel espace public pour la gare, qui est aujourd’hui un parking. Ce parvis servirait également d’accès à l’école de boucherie.

Celle-ci est considérée comme un édifice public clos et non comme un campus ouvert. Les limites de l’école définissent un rectangle à l’intérieur duquel s’organisent trois cours. Une circulation close au premier étage donne forme à ces cours et relie les différents bâtiments composant le site. Le rez-de-chaussée est un espace plus labyrinthique, qui permet une multiplicité de parcours révélant les bâtiments de Paul Friesé ainsi que la qualité des espaces vides résultants de la disposition des volumes par l’architecte.

Clément Dégremont

Cet article est paru en première publication sur CyberArchi le 28 mai 2009.

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