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Présentation | Arts et Ziggurat, Forma 6 aux Herbiers (08-12-2010)

Spectaculaire et inattendue, suscitant même le débat, la Tour des Arts, inaugurée le 27 septembre 2010 et signée de l’agence nantaise Forma 6, s’élève au dessus des Herbiers (85). Après deux ans de travaux, le nouveau lieu d’enseignement et de diffusion artistique herbretais peut accueillir sur ses 2.570m² près de 2.000 utilisateurs réguliers par an.

Education | Culture | Bâtiments Publics | Les Herbiers | Catherine Malleret

«Nous avons gagné grâce à la tour», souligne d’emblée Catherine Malleret, architecte de Forma 6. La victoire n'était pourtant pas assurée. En 2005, le concours pour la maîtrise d'oeuvre désignait co-lauréats l'agence Forma 6 et David Cras en imposant aux deux agences une nouvelle étape. «Il avait un projet au fonctionnement parfait, notre esthétique était vraisemblablement plus séduisante», résume l'architecte.

02(@PMiara).jpgDès le départ, la barre de cette compétition, dans cette petite ville de Vendée, avait été placée haut puisque l’agence Brochet-Lajus-Pueyo, «des confrères dont l'architecture est marquée» étaient également retenue. De quoi motiver Forma 6 à se surpasser.

C’était d’ailleurs mal parti pour l’agence nantaise. «Nous avons appris que nous avions été mis à l'écart à cause de la tour», se souvient Catherine Malleret. Situation paradoxale alors que le programme exigeait une émergence verticale, «mais pas une tour», souligne l’architecte. En effet, la ville des Herbiers souhaitait ostensiblement s'enorgueillir d'un nouveau signal, un troisième clocher, culturel cette fois-ci.

Au final donc, c’est Forma 6 qui l’emporte, à tel point d’ailleurs que, initialement nommé ‘pôle d'enseignement artistique’, l’ouvrage est désormais reconnu sous le nom de ‘Tour des Arts’. De fait, la verticalité joue ici plus que jamais son rôle identitaire et semble désormais assumée par les habitants bien qu’elle fut critiquée en son temps par une partie de la population.

«Le terrain était exigu et compliqué. Il n'y avait pas un seul angle droit. Nous souhaitions aligner l'entrée et la salle de diffusion avec le mail des Droits de l'Homme», indique l'architecte. De fait, tant la parcelle que la proximité de la place et du mail des Droits de l'Homme ont, après quelques circonvolutions, induit la position de la tour. «La tour s'est baladée dans le projet. Nous l'avons ramenée plus au sud, puis nous avons émis l'idée d'enroulement dont la tour marque l'achèvement», poursuit-elle. Retour à la position d'origine.

La tour devait tout d’abord accueillir les salles de cours. Mais l'affinement du dessin lors de la deuxième phase du concours a conduit au respect du programme pédagogique fixé. «Le directeur désirait que les salles soient au même niveau pour assurer les échanges, le tout dans une proximité visuelle et physique», résume Catherine Malleret.

03(@PMiara).jpgAu sud les répétitions, au nord, l'enseignement. «Chaque salle est attribuée à un instrument ou à un groupe de voix. Il nous a fallu suivre la volumétrie et les dimensions exigées. Nous avons alors pensé des surfaces de matériaux différents, des univers contrastés et chaque salle se distingue par ses couleurs», explique-t-elle.

Salle de choeur et salle de diffusion de 148 places sont «les deux bijoux» du projet, dixit le directeur. La première, blanche, revendique un style «baroque moderne». La seconde joue du contraste entre bois et fauteuils multicolores.

Les circulations sont quant à elles plus sobres voire «austères» et reflètent la volonté de hiérarchiser les espaces. La tour qui s'est progressivement vidée de sa substance première comprend désormais deux salles pour petits ensembles et une salle de Musique Assistée par Ordinateur (MAO).

04(@Forma6).jpgDepuis l’atrium central, d’aucuns peuvent découvrir trois boîtes blanches, des studios de répétition, paraissant comme autant de cabanes suspendues. «Nous avons voulu donner un aspect ludique au projet. L'école s'adresse avant tout aux enfants», souligne-t-elle. Poursuivant l'évocation, les architectes imaginent des poteaux arborescents, des «arbres de béton».

Toyo Ito ? L'initié aura reconnu la source d'inspiration. La perforation des boîtes relèvent d'une autre histoire. A l'origine, une affiche donnée par directeur. «On y voyait des doigts sur des instruments». De cette abstraction, les architectes ont créé un motif décoratif.

Ornement et théâtralité de l'espace sont relevés par les couleurs rouge et or de l'extérieur. D'un premier dessein entièrement en béton, le projet a évolué vers des façades chatoyantes permises par l'installation d'un bardage cuivré. Plus léger, le matériau compense la complexité formelle du pôle d'enseignement.

Joyau doré au coeur d’un quartier en devenir, la ‘Tour des Arts’ est «un projet qui a évolué dans la tête du maître d’ouvrage. L’école s’ouvre désormais à des usages différents et accueille d’autres spectacles», souligne Catherine Malleret.

Un succès indissociable de l’ambition architecturale.

Jean-Philippe Hugron

Fiche Technique

Situation : Place des Droits de l’Homme - Les Herbiers (85)

Programme : Construction d’un pôle d’enseignement artistique comprenant une école de musique, des locaux de danse et une salle de spectacles

Maîtrise d’ouvrage : Ville des Herbiers

Maîtrise d’oeuvre

BET Structure : E2C Atlantique / BET Fluides : Cabinet HAYS

BET Acoustique : ACOUSTIBEL / Economiste : Cabinet MOY

Coût Travaux : 5.234.000€ HT

SHON : 2.278m²

Calendrier : Concours 2005 - livraison avril 2010

Réactions

Pergame | Regardeur | Ile de France | 21-04-2011 à 08:25:00

Pourquoi "Ziggourat" ? Ce terme correspond assez précisément à une forme géométrique d'édifice vertical caractérisé par la superposition de 3 ou 4 parties (chacune étant de surface de base plus réduite que celle du dessous, formant ainsi des paliers), et coiffé généralement en son sommet d'un monument funéraire.
Je ne vois pas bien le rapport avec la tour de Forma 6.
Par ailleurs, l'arborescence de béton me fait également penser au Pavillon Noir de Ricciotti.

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