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Diplôme | Zoo Conquest, expédition dans une faune urbaine… (07/2011)

Requalification des séquences du canal de la Deûle à Lille (59). La mise en tension du cours d’eau s’opère par l’interpénétration du parc zoologique, restructuré sur l’ancien site de la citadelle Vauban, dans le tissu urbain crée. Du territoire à la cellule de vie, recherches et expériences seront à l’étude pour ‘habiter un zoo’.

ENSAP Lille | Urbanisme et aménagement du territoire

La Deûle, voie d’eau historique à l’origine de la création de la ville, suscite aujourd’hui de l’intérêt aux yeux de la commune. Elle pourrait devenir le support d’une ville multipolaire, propice à un développement de l’identité de quartier, en supportant la programmation d’un zoo. Le décor de la ville se retournerait alors vers son Histoire pour progresser vers une nouvelle. Comment qualifier la mise en tension entre le tissu urbain habité par l’homme et l’espace zoologique dit « naturel » ? Comment (ré)introduire l’homme dans un milieu qui lui serait originel ? En s’implantant initialement sur la Citadelle lilloise, le parc zoologique constitue un outil didactique pour la métropole et engage des questionnements sur la cohabitation entre différents systèmes de fonctionnement, entre l’homme et l’animal, dans la relation entre le tissu urbain et le sol modelé boisé, porteur de l’Histoire de la ville. Tout l’intérêt de notre travail est alors d’articuler ces ‘contraintes’, nécessaires au bien être de l’homme et de l’animal, au sol complexe de la Citadelle, en s’intégrant dans le milieu le plus délicatement possible. 02-pA-nA-tration-du-zoo-dans-le-tissu-urbain.jpg Dans une construction complexe du territoire qu’évoque André Corboz (CORBOZ André, Le territoire comme palimpseste et autres essais, éditions de l’Imprimeur, 2001), comment habiter un zoo ? Quel système à habiter créer par rapport à un contexte riche et singulier ? Comment fragiliser les limites en les effaçant et quelle intensité de vie créer ? La conquête du zoo, c’est son introduction dans la ville, le rapprochement entre les espèces, mais aussi une quête d’expériences personnelles à propos d’un programme nouveau et complexe dans son rapport à l’habitat. En continuité au travail mené en recherche et au cours des semestres précédents, l’alternative à la maison pavillonnaire m’amène à m’interroger sur la position du jardin dans un système de densification. Cette fois, la plus forte expérience menée au cours de ce projet pourrait se trouver dans les limites de la pénétration du zoo dans le tissu urbain : du statut de décor, il devient acteur de la ville. Cela engendrerait des confrontations singulières dans le système à habiter. La distinction entre le secteur dit « naturel » et la part de la ville humanisée serait des plus confuse possible afin de faire véritablement vivre l’homme dans l’imaginaire qu’il a toujours convoité. A l’origine cabinet de curiosité, le zoo entre aujourd’hui jusque dans la vie quotidienne de l'homme. Il s’immisce dans les rues, au seuil des logements et dans les équipements de quartier. L’individu peut donc ressentir et vivre l’atmosphère que le lieu dégage non pas uniquement en le parcourant mais aussi depuis son salon, sa chambre, la rue, le bateau-bus ou le tramway. Le zoo s'affirme dans la métropole pour en devenir un repère mental et urbain pour l'individu, sur l'architecture, le quartier, la ville et le territoire métropolitain...03-le-tissu-urbain-dessinA-sur-les-anciennes-darses-se-plie-au-contact-du-zoo.jpg Selon Anne-Sylvie Bruel et Christophe Delmar, il ne s’agit pas de « rechercher l’œuvre mais plutôt un effacement devant des logiques qui sont […] manipulées, orientées, mais qui laissent ouverte à son tour, la capacité d’évolution pour une construction plurielle du territoire » (BRUEL-DELMAR, Le territoire comme patrimoine, Paris, Green vision, CCI interface, 2010). Comme un mécanisme aléatoire, les éléments jouent entre eux, produisent de la vie, des lieux à habiter, à ressentir, et c’est dans cette ballade de la ville qu’il nous est donné la possibilité de s’immiscer, de déchiffrer et d’en inventer une esquisse possible pour demain…

Cécile Dugrain

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Réactions

12-08-2011

Projet très intéressant qui mériterait d'être poursuivi.